Quand on devient maman, notre cœur devient presque automatiquement plus gros, plus sensible. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti aussitôt que j’ai entendu mon garçon lâcher son premier cri. Je me suis immédiatement sentie connectée à ses émotions. C’est donc encore assez dur pour moi de l’entendre pleurer sincèrement, même 3 ans plus tard. J’ai également de la difficulté à l’entendre pleurer pour attirer l’attention, mais c’est moins mon côté sentimental qui est affecté.

Je me suis rendu compte avec le temps qu’il fallait, une fois de temps en temps, que je durcisse mon cœur de maman. Que je mette mon masque de méchante sorcière impassible, sinon on ne pourrait pas s’en sortir ni lui ni moi. Ce qui peut m’aider un peu, mis à part le fait que j’ai fait des cours d’art dramatique, donc que je sais incarner un personnage, c’est de savoir déjà à l’avance les moments où je devrai faire comme si j’étais de glace. Chez nous, c’est au moment d’aller à la garderie.

Non, mais POURQUOI à chaque jour??? Oui, je commence à savoir ce qui va se passer, mais je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi c’est TOUJOURS la même chose. On prend place dans l’auto en disant qu’on va à la garderie et il est content. C’est dès qu’on ouvre la porte du local que la crise commence. J’essaie tant bien que mal de lui parler, de lui dire que je vais revenir le chercher, que tout va bien aller, qu’il va aller au parc, j’essaie même un raisonnement plus adulte (on sait jamais) en lui faisant remarquer qu’il passe toujours de belles journées à la garderie et qu’il ne veut jamais partir le soir (parce que c’est vraiment ce qui se passe et qui ajoute à mon incompréhension). Rien n'y fait, je n’ai pas le choix, je dois donner son bras à son éducatrice qui le tire dans son local et dois quitter sans me retourner, alors que son cri me brise le cœur pendant que je marche vers la sortie.

Je ne suis pas dupe, quand je repasse devant le local une dizaine de minutes plus tard parce que j’ai oublié de laisser la doudou (eh oui, il m’arrive de faire le sacrilège d’oublier LA doudou), je le vois tout sourire qui s’amuse avec les autres. Je sais qu’il va passer une bonne journée, il le fait tout le temps, mais rien n’empêche que le matin, c’est vraiment difficile de ne pas me laisser attendrir et de choisir de repartir à la maison avec lui. Ma raison l’emporte tout le temps, je sais que c’est bon pour lui parce qu’il fait des activités, apprend à socialiser, mais je dois encore me pratiquer à jouer l’indifférente.

POURQUOI, me fait-il ça? Comme je lui ai déjà posé la question, en croyant naïvement qu’il aurait un raisonnement logique parsemé d’arguments convaincants et rationnels, mais qu’il ne m’a jamais expliqué, je vais rester dans l’ignorance en me disant ce que j’aime croire : que je suis la meilleure et qu’il ne peut pas se passer de moi. 😉

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