Je ne suis pas la mère que je voulais et croyais être

Je ne suis pas la mère que je voulais et croyais être

J’ai tellement chialé souhaité depuis longtemps devenir mère, je faisais presque pression sur mon ex pour qu’on ait des enfants, avec la mention spéciale de l’argument-canon que c’était le rêve de ma vie et que je serais sans l’ombre d’un doute la femme la plus heureuse que l’univers ait porté lorsque ce rêve se réaliserait enfin.

Mon fils arrivé dans ma vie, je peux dire que oui, je suis heureuse; oui, j’ai réalisé le plus grand rêve de ma vie, le plus beau.

Mais misère, je ne suis pas la mère que je voulais et croyais être et parfois, ça me mine le moral quelque chose de violent.




J’pensais être sur un high de bonheur qui m’énergiserait jours et nuits, mais je suis la p’tite mère aux cernes infinies, rarement peignée, encore moins maquillée, trop souvent habillée en mou, qui patauge dans un salon embourbé de jouets et de bavoirs salis de p’tit fromage de saumure régurgité.

J’pensais que j’amènerais fièrement mon fils à des ateliers maman-bébé, mais je suis la p’tite mère isolée au fond de sa campagne, qui ne sortais pas plus de trois heures d’affilée pendant les cinq premiers mois de bébé parce qu’elle avait pris la décision de tire-allaiter exclusivement. Je suis celle qui angoisse à l’idée de sortir avec bébé, au cas où il arriverait je ne sais pas quoi.

J’pensais que je serais super zen, sereine et en confiance, mais je suis la p’tite mère qui a le bouton panique souvent activé pour pas grand chose, qui n’a pas toujours beaucoup de patience.

Pis, vous savez quoi? Je ne changerais rien. Le bonheur est imparfait. Surtout, devenir mère n’assure pas un état de pure extase constante, mais être mère est source des plus grandes fiertés et plus beaux moments de la vie. Oui, y’a des jours moins bons que d’autres, mais à la fin de la journée, quand je pose mon fils pour le dodo, que je vois ses petites paupières closes, sereines, que je le regarde respirer, je suis comblée, heureuse d’être passée à travers une autre journée sans (trop de) peine et le cœur gonflé à l’amour. Je ne suis peut-être pas la mère que j’espérais être, mais je suis une torrieuse de bonne maman, pareil. P’tite bine sur l’épaule. Good job, mom, lâche pas!

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Profession : Maman, adjointe administrative, naturopathe et accompagnante à la naissance Super Skillz : les listes (avec une mémoire de poisson rouge en brique, pas le choix!). Je suis aussi multitâches, par exemple tirer mon lait, tout en faisant boire mon fils à la bouteille et pitonner sur mon téléphone #mamanpieuvre Addiction : mon fils, les produits et vêtements pour bébé, le chocolat, les fruits de mer, le fromage... beaucoup de vices! Escouade : un Babou (fils) et un Boubou (amoureux) Armes : le pouvoir des mots (évocation, persuasion, évasion, catharsis, etc.) et le pouvoir des plantes (il y a un remède pour presque tout!) Humour : Absurde et/ou sarcastique

Comments

  1. Superbe texte! Je m’y reconnais beaucoup. Merci pour ces beaux mots.

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