Les poux

Les poux

J’ai peut-être eu des poux… une fois…

J’ai reçu au moins 10 lettres par an en provenance de l’école de mes enfants parlant de la pédiculose, un beau mot pas mal laid pour évoquer la maudite bêbête qui hante les parents à chaque rentrée scolaire. Mon grand est parvenu à se rendre au secondaire sans me ramener cette cochonnerie qui pousse même les plus psychologiquement stables à se gratter le fond de la tête simplement en y pensant…

Puis ma fille, une fois rendue presque à la fin de son primaire, alors que je nous croyais immunisés, est revenue avec une lettre destinée aux parents d’une classe en crise. Le message nous suppliait de vérifier une fois de plus le cuir chevelu de notre progéniture vu le problème prenant de l’ampleur dans le groupe de 26 élèves. Une petite voix en moi a résonné pour m’aviser que cette fois c’était peut-être LA fois… Mais en tant que mère de 2 enfants, j’ai appris à ne plus toujours écouter les signaux d’alarme, parce que mon dashboard est pas mal pareil à celui d’un vieux bazou 1995 qui n’a pas eu de changement d’huile depuis 2 ans! Ça allume comme un arbre de Noël et souvent, je fais comme si tout était beau parce qu’anyway y’a toujours quelque chose qui cloche… Pourtant cette fois-là, j’aurais mieux fait de ne pas faire la sourde oreille… J’ai attendu au lendemain. Ben quoi, personne n’avait de démangeaisons!

Le lendemain, dans un sentiment d’urgence, armée de mon peigne, d’un papier blanc et de mon acharnement digne d’une mère chimpanzé, j’attaquai la tête de ma benjamine, trouvant après seulement quelques minutes de recherche ce qui me rendit presque folle… Comme un militaire en mission stratégique, mon chum se retrouva à la pharmacie en reconnaissance pour revenir avec le traitement de l’enfer, une sorte d’huile tueuse de poux qu’on doit porter sur sa tête pendant plusieurs heures!

Le lendemain, mon grand qui revenait de l’école me dit la phrase que je redoutais le plus : «j’pense que j’ai des poux, ça me pique…». Chimpanzé niveau expert, je fouillai la tête de mon cadet, comprenant bien que la mission ne faisait que commencer! Bam! Des poux! Mission no2 pour l’homme, 2ème réquisition du traitement de l’enfer à la pharmacie.




Me voilà avec une maisonnée en quarantaine, les coussins de mon divan dans des sacs hermétiques sur la galerie et la laveuse qui gère les 1000 brassées que ça prend pour relaver tout ce qui est en tissu et croyez-moi, l’air de rien, y’en a pas mal dans une maison…

Mais c’est là que la folie me prend… J’en ai moi aussi… c’est sûr… Avec l’air d’une fille en psychose, je demande à mon chum de me vérifier la tête. L’affaire, c’est que lui y’a pas son diplôme de chimpanzé, y’é plus au stade de l’ami Raton ou d’Inspecteur Gadget sans son chien et sa nièce, bref y’é mauvais! Après 2 minutes il déclare : «Clear! T’as pas de poux chérie!» Moi en quasi psychose j’explose : « Regarde comme il faut, je suis sûre que j’en ai» … Après 2 heures de débat, mon chum part clopin clopant vers la pharmacie pour une troisième fois pour me ramener le liquide du diable… Faut être désespérée rare, j’avais hâte qu’il revienne avec cette huile maudite et j’étais prête à me baigner dedans s’il le fallait.

Puis c’est là que je commence à capoter puissance 1000, quand il me donne la bouteille… L’histoire c’est que j’ai les cheveux aux fesses, mais que la pharmacie me fournit la même quantité que pour ma fille qui a les cheveux aux épaules. Donc je crache mon venin à propos de la pauvre pharmacienne à mon chum qui comprend qu’il est mieux de juste écouter et surtout de ne rien dire. J’étends ce truc puant sur mes cheveux en vidant les fonds de bouteilles destinées originalement aux traitements de mes enfants. La nuit de merde, je ne vous dis pas! «J’feelais» comme une lépreuse!

Je n’ai jamais trouvé un maudit poux dans mes cheveux, je ne saurai donc jamais si j’en avais vraiment. On a détruit l’ennemi en une seule mission, mais juste à y repenser, j’ai la tête qui pique. Quand t’as eu des poux une fois dans ta vie tu sais qu’à la guerre ce n’est pas la grosseur de l’ennemi qui compte, mais à quel point il te joue dans la tête!

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Profession :Infirmière en salle d'accouchement et en salle de césarienne, tellement un beau job! Super Skillz : Faire des petits plats avec des ingrédients inusités, surprendre tout le monde parce que c'est délicieux(chalet oblige on cuisine avec moins. J'ai aussi un talent inné pour me retrouver dans des situations farfelues et pour trouver des solutions farfelues... Addiction :Le café, la photographie, peindre, écrire et la musique en tous genres et surtout tout le temps! Escouade : Une pré-ado végétarienne, animalière et qui a la répartie d'une avocate! Un ado scotché à une manette de jeux vidéo et qui, malgré quelques moments de rébellion, est gentil et affectueux! Arme : Parler; juste avec des mots je peux venir à bout de tout! Je peux convaincre, rassurer ou selon la stratégie, mener à abdiquer Humour :Tout ce qui est spontané ! Si ça surprend, j'adore. J'ai un brin de sarcasme, mais surtout j'adore les fous rires de 15 min dont on a oublié la raison initiale tellement ça a dérivé!

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