Oὺ était donc passé cette hargne…

Oὺ était donc passé cette hargne…

Après 5 ans d’absence, je me suis réveillée et j’ai étrangement réalisé que je vieillissais et que ma vie n’était pas du tout comme je l’avais un jour imaginée. Tu sais, quand tu sors du secondaire pour te retrouver au Cégep et que tu te dis: « Je sors d’ici dans deux ans, j’entre à l’uni un petit 3 ou 4 ans et hop! bonjour la vie, je serai passionnée par mon travail !!» Sauf que ça ne se passe aucunement ainsi, évidemment.

Après toutes ces années à t’occuper du petit (eh oui ! surprise ma belle, tu as un enfant qui fait partie de ta vie maintenant) tout en t’acharnant à terminer ton baccalauréat avec des pas pires notes (il faut ce qu’il faut quand tu dois accéder à la maîtrise) tout ça entre deux quarts de travail, le ménage de l’appartement, l’épicerie et ton semblant de vie sociale. Épuisée, tu t’en sors avec un bac qui est très peu utile dans notre société si ce dernier n’est pas suivi d’une maîtrise…Que fais-tu ? Tu poursuis ton chemin académique malgré tout …

Ton parcours se remplit petit à petit de mésaventures: une séparation, un déménagement, une nouvelle rencontre, un autre déménagement, une autre séparation (parce que tu ne sais plus trop ce que tu veux), un retour chez papa/maman, du plaisir ici et là, une nouvelle flamme (peut-être la bonne cette fois-ci), un autre déménagement, et la roue continue de tourner….tu vois le pattern de la mère monoparentale étudiante qui donne la majorité de son temps libre à ses recueils de textes et son enfant.

Et un jour tu éclates et te rends compte que c’est trop !!! OUI, une pause est nécessaire … plus que nécessaire, mais étrangement cette pause-là mon cerveau ne l’a pas utilisée à bon escient… BEN NON ! Trop fatiguée pour ne serait-ce que penser à ce que je devrais faire ou comment je pourrais me retrouver, retrouver la femme ambitieuse et sûre d’elle. J’ai littéralement lâché prise sur ce que je voulais devenir, sur ce que je ferais… j’ai par la suite accumulé les certificats universitaires ici et là…tu sais ceux qui sont bons pour ton avancement professionnel (ladite profession qui devait seulement te servir de travail en attendant de vivre de ta PASSION) sans trop savoir. De là mon 5 ans d’absence comme j’aime bien surnommer ces années de brouillard.

Où était donc passée ma hargne, cette flamme qui m’a aussi longtemps allumée et tenue au top ? POUFFF envolée, disparue, perdue entre la mère, la gestion d’un préado et des couches (un 2e enfant est là!!), l’épouse et la femme … Bref, je me suis réveillée de mon cauchemar en me demandant HONNÊTEMENT et simplement qui j’étais, qui je voulais devenir et comment j’y arriverais.

Ouff, pas facile pour moi, celle qui démontre toujours qu’elle a le contrôle sur sa vie, de devoir m’arrêter et de répondre le plus humblement possible à cette unique question. Comment en étais-je arrivée à remettre une partie entière de ma vie en question ? C’est simple, avec la vie qui roule à 100 miles à l’heure, j’ai souvent, trop souvent, oublié de me questionner, de faire le point (le vrai point, pas juste me contenter du positif et d’ignorer ce qui ne tourne pas rond), de prendre le temps de penser à moi. Oui, oui de penser à moi.

J’ai toujours trouvé que d’aider les autres restait la meilleure façon de prendre soin de moi. Si mon entourage est heureux, je le suis aussi. J’ai en quelque sorte bâti mon bonheur en alimentant celui des gens qui me sont chers. C’est une chose que j’adore de ma personne, jamais je ne le nierais. Mais il y a un mais …qu’est-ce que je deviens quand tout vire au noir pour une de ces personnes si importantes à mes yeux ??? Tu me vois venir là hein ? Ben oui ! Je tombe aussi en y canalisant tout mon positivisme et mes énergies…. et MALHEUR quand je me rends compte que tous ces efforts sont inutiles. Tu vois le genre ? Dans un sens, ce n’est pas faux cependant, en me préoccupant davantage du bonheur des miens, je me suis rendue compte que je m’y suis perdue un peu …trop…. avec les années.




À l’aube de mes 30 ans, j’ai fini par reprendre les rênes de ma vie, un jour à la fois, et retrouver mon chemin. J’ai décidé de lâcher prise, je ne peux être responsable du bonheur des gens, même de ceux que je porte dans mon cœur. Je reste présente pour eux sans me brûler. Et tu sais… j’ai le droit! Bref, mon chemin est loin d’être parfait tu sais, mais ce chemin imparfait et parsemé d’embûches est le mien et j’en suis fière malgré toutes les bévues qu’il renferme. J’ai décidé de ne plus jamais me perdre autant et aussi longtemps sans réagir. Entrer dans le moule que la société nous impose est peut-être un catalyseur du dit bonheur, mais je refuse d’y entrer si c’est pour me perdre à nouveau. Si les choix futurs que je ferai ébranlent le cadre normatif de notre belle société et bien ainsi soit-il, je m’assume à 100% !

Chers lecteurs, lectrices soyez heureux simplement même si cela implique de sortir de la zone de confort de votre cercle social !

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Profession : Coach en motivation (activités physiques), Agente services aux membres (Desjardins), Enseignante du samedi, Sociologue de formation !  Super Skillz : Je suis multitâches aka une pieuvre humaine !  Addiction : Café et smoothies Escouade : Hockey mom  Armes : Argumentation  Humour : C'est quoi ça ? ;-)

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