Parlons d’intolérances

Parlons d’intolérances

Les premières semaines avec un bébé naissant sont toujours la lune de miel. On vit sur un beau petit nuage. À ma fille ce fut si simple, elle dormait bien, buvait bien et n’avait que des petits maux de ventre de petit bébé normal qui se toléraient bien. Pour mon fils, c’est une tout autre histoire. Les pleurs et les maux de ventre ont persisté. Des amies me disaient d’arrêter de consommer des produits laitiers, d’autres me disaient que ça passerait et le médecin que c’était normal qu’un bébé ait du reflux et ait mal au ventre après chaque boire. Que son rash cutané était juste normal et n’était pas dû à mon alimentation.

Qui croire, qui écouter? Finalement, on fait du essai-erreur jusqu’au jour où je me fais dire que je dois suivre un régime spécial, un régime d’éviction si je veux continuer d’allaiter et voir si c’ets la cause du problème de mon bébé. Une belle claque dans le visage, c’est sa seule définition. Les mots : « madame, tu dois arrêter de consommer TOUT ce qui contient des produits laitiers et TOUT ce qui contient de la protéine de lait de vache. » Moi, depuis le début, je dis à mon entourage que je n’aurai jamais l’énergie de faire cela, que c’était beaucoup trop pour moi. Mais quand c’est un médecin qui te le dit que tu dois le faire si tu veux absolument continuer d’allaiter, l’histoire est différente.

Du jour au lendemain je me retrouve à l’épicerie, dans l’allée des allergies et intolérances et je ne sais fuck all quoi acheter. Je me promène dans les autres allées en regardant TOUS les ingrédients mais je ne connais pas la moitié des noms. Après 6-7 produits, je ne vois plus clair. Je relis les ingrédients 10-15 fois avant de me dire « celui-là doit être safe… » bref, le découragement total et je me dis que c’est pour mon bébé et ce n’est que pour deux petites semaines. Finalement, ça persiste et je dois continuer, car pour vraiment savoir si c’est ça, je dois faire ce régime au moins 5 semaines. Mon capuccino glacé du Tim Hortons me manque, mes Buenos devant ma télévision le soir aussi, les repas au resto aussi (parce que quand tu fais ce régime, manger sans lait ou autres aliments allergènes est très difficile lorsque tu manges ailleurs que dans ta petite cuisine). Bref, j’ai faim. Tout ce que j’ai le goût de manger je ne peux pas. Tout ce que je peux manger, je n’ai pas le goût. Et on va se le dire, du lait végétal, peu importe sa sorte, ce n’est pas buvable. Les barres tendres beaucoup trop santé pour moi me roulent dans la bouche et tout ce que je cuisine, je me tanne assez vite. En plus que je ne suis pas de nature chef cuisinière en partant, là je dois, du jour au lendemain, cuisiner TOUT ce que je mange.




Cela dit, je ne me trouve pas trop à mon top de ma forme mentale. Il y a des jours où je pleure aux 30 minutes et d’autres jours où je me couche en me disant : finalement ce n’est pas si pire… MAIS je ne ferai pas ça pendant 5 semaines, non merci. J’admire toutes les mères qui font ces régimes. Je lis toutes ces mères qui doivent se priver de soya, de lait, de protéine bovine, de gluten, etc. et je ne comprends pas pour une seconde comment elles font et ce qu’elles mangent.

J’adore mon fils, mais ne pas être capable de manger tout ce que je veux, seulement pour allaiter, ça prend beaucoup plus de volonté pour moi. Chapeau à toutes ces mamans qui, chaque jour, se privent de la nourriture qu’elles auraient tant le goût de manger. Chapeau à toutes ces mamans qui mettent en priorité les besoins de leur bébé au gré de leurs envies de manger n’importe quoi. Chapeau à toutes ces mamans qui chaque jour font tout ce qu’elles peuvent pour ne pas succomber à la tentation de manger quelque chose qu’elles ne peuvent pas.

Et surtout, chapeau aux mamans qui, par choix, ont décidé d’arrêter l’allaitement, car ce régime était trop pour elles. Faire le choix de faire un régime d’éviction est une grande décision, mais faire le choix de ne pas continuer de le faire ou de simplement de ne pas le faire est aussi une grande décision. Pleurer parce que tu veux continuer d’allaiter, mais prendre la décision de ne plus continuer en te respectant, c’est aussi être une femme forte, autant que celles qui se privent de certains aliments. Une maman heureuse donne un bébé heureux. Et seulement penser au bien de son bébé, de savoir que ta santé mentale n’est pas prête à faire tout ça ou n’est juste plus capable de tout ça, c’est ce qui fait de toi une maman exceptionnelle et parfaite.

Bravo à toutes ces mamans qui vivent avec des intolérances et allergies avec leurs petits bébés. Bravo de prendre les meilleures décisions pour vous et votre bébé.

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Profession : Éducatrice en CPE et maman à temps plein.  Super Skillz : Je suis la "pro" du ramassage dans la maison... je déteste quand c'est le bordel.  Addiction : les cappuccinos glacés du Tim Horton, les bisous, les câlins et le magasinage (une vraie dépendance selon mon chum) Escouade : Une "bébé poule", maintenant devenue une "grande poule", un papa poulet et un jour, quand la vie le décidera, d'autres bébés poussins viendront combler notre escouade.  Armes : mes yeux... ils parlent beaucoup !!!  Humour : humour spontané et sarcastique.

Comments

  1. Omgggg cest telllement tout ce que jai vecue avec mon deuxieme … juste a lire le texte ma fait revivre toute sa et jen nai un serrement de gorge😢 faire le deuil de l’allaitement a ete quelque chose de vraiment dure a faire mais aujourd’hui je suis contente de lavoir fait car mom garcon se porte beaucoup mieux et moi je recommence un peu a vivre en quelque sorte 😏 merci pour ce texte

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