Notre premier enfant – Partie 1

Notre premier enfant – Partie 1

La grossesse et la naissance

J’ai souvent eu envie d’écrire sur le deuil périnatal mais chaque fois je ne trouvais pas les mots pour en parler. En fin de compte, il n’existe pas de bons mots pour exprimer ce que nous avons traversé alors je me lance comme ça vient! J’ai toujours préféré garder tout ça pour moi ou d’en parler seulement avec mon amoureux, car je trouvais que ça ne donnait rien d’en parler aux autres, ils ne peuvent pas comprendre sans l’avoir vécu et par-dessus tout je ne voulais pas voir la pitié dans leurs yeux. Je sais qu’ils n’auraient rien eu à répondre sinon des phrases toutes faites sensées remonter le moral, mais en fait il n’y a juste rien à dire à quelqu’un qui vit ce genre d’épreuve. Il faut juste écouter.

Il y a un peu plus de 8 ans, nous étions les plus heureux au monde car nous vivions ma première grossesse! Le rêve de toute ma vie, ma raison d’être sur la terre comme je disais ! Depuis que j’étais toute petite, je rêvais au moment où je deviendrais enfin maman. Je ne voulais pas voyager ou conquérir le monde, je voulais être maman d’une très grande tablée d’enfants…

Suite au dépistage par prise de sang du gouvernement, nos risques de maladie génétique étaient plus élevés que la norme selon mon âge, nous avons donc été envoyés à Ste-Justine pour notre échographie de 20 semaines, l’échographie de morphologie habituelle. La dame en génétique était rassurante, car à mon jeune âge les chances que ce soit juste une erreur étaient pas mal plus grandes que les chances que le bébé ait un problème. Notre écho était le 29 décembre 2011, le moment où le ciel nous est tombé sur la tête. Nous avons vécu une journée interminable à Ste-Justine, d’abord à l’échographie où nous avons su que c’était un garçon, nous avons été joyeux pendant quelques secondes avant de se rendre compte que la technicienne ne parlait plus et alla chercher le médecin en radiologie. Il nous avisa que le bébé avait un problème au cœur et nous envoya donc passer une échographie cardiaque. Par la suite tout est allé très vite. Nous avons passé la journée à nous promener entre les spécialistes en génétique, en cardiologie et en radiologie. Nous avons pris la décision d’avoir une amniocentèse afin d’avoir le cœur net. Les résultats sont arrivés deux semaines plus tard. Deux semaines interminables ou la vie s’est arrêtée, je me sentais déconnectée du reste du monde. Le vendredi le 7 janvier à 16:30, nous avons reçu l’appel fatidique de notre conseillère en génétique qui confirmait nos pires craintes : notre bébé à naître était bel et bien malade. Nous avions un choix à faire. Le choix qu’aucun humain ne devrait avoir à faire, le choix que je ne souhaiterais jamais à ma pire ennemie. Depuis le début de nos craintes, je m’étais toujours dit que peu importe, j’allais prendre le bébé comme il serait et que j’arriverais à tout surmonter pour lui. Je le sentais déjà bouger depuis quelques semaines alors ça ne faisait pas de sens de penser à toute autre option.

Le lundi nous avons donc rencontré encore une panoplie de spécialistes nous expliquant que notre bébé était très mal en point, non seulement il avait un problème génétique mais il avait aussi une malformation cardiaque complète, ce qui lui laissait peu de chance de se rendre à terme, encore moins de survivre une fois sorti. Sans compter les nombreuses opérations qu’il devrait traverser dès ses premières semaines de vie. Après avoir reçu l’appel de notre conseillère en génétique le vendredi soir, un déclic s’est fait dans ma tête et c’était sans retour : ça ne sera pas possible, je ne peux juste PAS. Je ne peux pas expliquer comment ni pourquoi mais ce soir-là mon cœur et ma tête se sont mis d’accord pour une rare fois.

Le mercredi 11 janvier 2012, à seulement 22 semaines de grossesse, j’ai donné naissance à notre premier enfant, notre petit ange Mickaël. J’ai mis au monde un bébé non viable dans un mélange de profonde tristesse, de colère envers la vie, d’incompréhension, d’amour malgré tout, de détresse et beaucoup d’étourdissements dû au Dilaudid que j’avais reçu pour enlever toute trace de douleur physique. Pour la douleur psychologique il n’y a rien d’assez fort pour en venir à bout. Le temps apaise un tant soit peu, mais la douleur se ravive assez rapidement sans prévenir. Ça pouvait être seule le soir dans mon lit, au travail en pensant à combien de semaines de grossesse j’étais sensée être rendue, en voyant les trucs de bébé qu’on avait achetés ou juste en voyant une femme enceinte au magasin. Le retour à la maison a été assez violent aussi… nous venions d’accoucher mais revenions à la maison sans bébé à câliner et à prendre soin, plus de bedaine qui bouge non plus. Juste une énorme tristesse et un <<congé de maternité>> de 18 semaines pour me remettre sur pied. [À suivre…]

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Profession : Maman à la maison et entrepreneure en même temps ! Pas toujours facile mais plein d'amour et d'imprévus ! Super Skillz : Démasquer instantanément un mensonge dans le visage de nos enfants. Addiction : J'ai toujours dit que mon seul vice était le Pepsi ! Escouade : Une petite princesse de quelques jours, un bébé Chou de, une belle Croustade, un grand Bacon, un bébé ange qui veille sur nous, et un beau grand adolescent en pleine crise de quarantaine (alias mon amoureux). Arme : Le comptage 1,2,3 avec mon ton spécial «dernière-chance» Humour : Je suis énormément sarcastique et j'adore les blagues pipi/caca de mon amoureux, le mix parfait pour une famille disjonctée comme nous !Pouvoir magique : Manger des cochonneries sans que personne ne s'en rende compte.

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