Toi, mon enfant différent

Toi, mon enfant différent

Depuis quelques années, les diagnostics sont tombés. Il en reste encore quelques-uns à venir. Du haut de tes 9 ans, tu deal déjà avec tous ces grands mots de savant : hypersensibilité, dyspraxie motrice, trouble d’anxiété généralisée, trouble de la modulation sensorielle, douance, trouble explosif, syndrome de Gilles la Tourette, etc. Tu dois manquer souvent l’école pour les rendez-vous avec psychologue, pédopsychiatre, pédiatre, médecin, travailleuse sociale, éducatrice spécialisée de l’école, éducatrice spécialisée du CLSC, psychoéducatrice, ergothérapeute… Tu vois tous ces gens autour de toi. Tous ces gens qui tentent de t’aider.

Mais moi, je la vois, ta solitude malgré tout ce soutien. Moi je la vois, la tristesse dans tes yeux. Je vois qu’avec l’âge vient aussi la compréhension de ta différence. Je vois le poids que tu portes sur tes épaules. Même si je te dis que dans la vie, tout le monde est différent, je le vois que toi tu comprends que la différence des gens entre eux est bien moins grande que ta différence a toi. Je le vois que ta différence est si lourde à porter. 




Malgré tes crises, tes pleurs, nos engueulades, les mots méchants que tu me dis ne m’atteignent pas. Parce que je t’aime du plus profond de mon cœur. Parce que je t’ai voulu, je t’ai porté et je t’ai accouché. Parce que tu es mon bébé, qui était parfait. Parce que j’essaie le plus fort possible d’enlever du poids de sur tes toutes petites épaules. Parce que ton père et moi travaillons si fort pour éviter que tu voies notre désarroi devant le manque de services, les listes d’attente interminables et notre manque de connaissances de tous ces fameux noms scientifiques. 

Et tu sais quoi, pour nous ça ne change rien. Depuis ta naissance que nous t’aimons inconditionnellement. Tu n’as pas changé. Tu es toujours ce même petit garçon que j’aime tant. Depuis ta naissance que nous sommes à la guerre pour te protéger, t’encadrer et t’aider à t’épanouir. Les diagnostics nous ont donné des armes pour gagner la guerre, et nous allons en sortir vainqueurs.

Toi, reste un enfant. Amuse-toi. Profite de ta vie. Nous, nous allons nous battre pour toi. Et nous allons tout faire pour diminuer le poids qui pèse sur tes épaules. Vis ta peine, parle-nous. Nous serons toujours là. Comme nous le sommes depuis ta naissance. Parce qu’on t’aime encore plus que ce que tu peux imaginer.

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Profession : Maman à la maison Super Skillz : Avoir une maison constamment propre malgré 4 enfants Addiction : Mon amoureux, pas capable de passer plus d'une journée sans lui Escouade : 1 amoureux, 3 boys, 1 princesse et 3 boules de poils Armes : Mon petit doigt qui sait toujours tout Humour : Franc, sarcastique

Comments

  1. Martine Archambault Says: novembre 13, 2017 at 7:12

    Merci c’est un texte qui tombe bien ce soir car ça été une journée difficile pour mon ti lou de 6 ans avec tdah avec hyperactivite et agressivité, trouble d’accissition de la coordination,hypersensibilité, trouble du langage et motricitė: grosse journée de crise a l’école et la garderie scolaire résultat 5e pair de lunette de crochu presque casser ouf mais nous l’aimons pareil notre ti bonhomme

  2. Wow ! Tellement bon comme texte ! J’appuie à 100 %.

    Heureusement qu’il existe des solutions et pour les enfants, et pour les parents.

  3. Wow, je suis sans mot. J’ai juste envie de pleurer à lire ton texte. C’est vrai qu’on l’aime notre tout petit! Merci d’avoir pris le temps de partager tes émotions et ta réalité qui est grandement celle de plus en plus de parents.

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