On est en famille à Atlantic City. Papa, maman, grand-papa, grand-maman, oncle, tante, cousin, cousine, la famille quoi. On se dirige vers la mer avec tout notre attirail pour passer l’avant-midi sur la plage. Il n’y a rien qu’on a oublié, les chariots, les chaises, les glacières, les serviettes, on a même LA grosse tente de plage pour bien se protéger du chaud soleil qui nous fait bronzer à vue d’oeil. Tous à la file indienne, on se déplace de peine et de misère sur le sable brûlant en prenant bien soin de ne rien perdre en chemin. Rendus au bon spot, les adultes prennent le temps de placer leur serviette au sol, d’ouvrir les chaises, de bien les positionner en direction de l’océan et on monte la tente. On commence à souffler un peu quand on regarde autour de nous... «Il est où Nathan ?».

En essayant de rester calme, je regarde encore une fois autour : sa petite soeur joue dans le sable à côté de nous, les cousins sont un peu plus loin où le sable est mouillé, mais Nathan ? Il n’est pas ici, il n’est pas avec eux. L’angoisse commence à se faire sentir. Toute la famille commence à regarder autour, mais personne ne le voit. Je me dit «comment ça se fait qu’on soit 7 adultes et que personne ne le surveillait ?». J’en veux aux autres de l’avoir perdu, alors que si c’est la faute à quelqu’un, ça ne peut être que ma faute à moi. C’est moi la mère, il ne faut pas que je m’attende à ce que tout le monde surveille mon garçon les 2 minutes que je ne le surveille pas moi-même. Si je ne le surveille pas pour X raison, il faut que je m’assure de mettre quelqu’un d’autre en charge. Il ne faut pas supposer qu’en grand nombre, quelqu’un dans le lot va le surveiller.

Ça me fait penser au petit garçon qui s’est noyé dans sa piscine, la journée de sa fête alors qu’il y avait plein d’invités à la maison. Personne n’était en charge de le surveiller alors personne ne savait qu’il avait à le faire. Non ! On est proche de la mer, est-ce que mon garçon est allé trop proche et qu’il s’est fait aspiré par les vagues ? Il ne sait pas encore bien nager et son flotteur est ici avec moi. Ou s’est-il fait kidnapper. On est à Atlantic City, à des centaines de kilomètres de la maison, dans un pays où tout le monde parle une langue avec laquelle je suis moyen à l’aise et que mon garçon ne comprend pas du tout. Même s’il ne s’est pas fait enlever, comment va-t-il pouvoir demander de l’aide, dire où nous sommes, qui nous sommes?

Puis, je le vois... Dans les bras d’un policier qui nous cherche visiblement du regard. Nathan est calme et regarde aussi autour de lui en espérant nous trouver. Incapable de bouger, je pointe à mon mari où est mon garçon et il va le prendre des bras du policier en le remerciant du fond du coeur. Quand mon mari me donne mon garçon, je le serre tellement fort que je me dis qu’il faut que je fasse attention sinon je vais lui faire mal. Je sais que je devrais lui faire la morale, lui expliquer qu’il doit toujours rester près de nous, mais je n’y arrive pas, j’ai la gorge nouée et les larmes aux yeux. Je ne l’ai perdu de vue que 2 minutes, je sais que ça peut paraître excessif de pleurer, alors j’essaie de le cacher, mais c’est dur.

2 minutes, ça peut sembler court, mais c’est assez long pour qu’il arrive vraiment quelque chose et clairement TROP long pour une maman qui s’imagine tous les drames du monde.

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