Mia et moi

Mia et moi

Ma fille est un accident. Quelques mois avant d’apprendre que j’étais enceinte, j’avais pris la décision de ne pas avoir d’enfant. J’avais un emploi incroyable et un salaire qui me permettaient de voyager à travers le monde. J’avais quelques amies pas encore « fécondées » qui m’accompagnaient dans mes folies et mes brosses improvisées, et j’étais assez proche de la quarantaine pour rationnellement penser que de ne pas avoir d’enfant était une bonne chose pour moi.

Je me suis lancée corps et âme dans un travail que j’adorais, j’ai bu du vin vraiment cher, convaincue qu’il me saoulerait mieux que les autres et j’ai fermé les jambes. L’utérus hors d’usage, ma nouvelle vie prenait forme lentement.  En novembre 2011, tout a basculé. Je n’ai pas eu d’illumination ou de révélation mythique, c’est plutôt sous la forme d’un beau grand garçon aux allures de rock star que ma nouvelle vie s’est présentée. E. : mon « Waterloo » aux longs cheveux frisés, aux yeux bleus ciel et au corps tatoué. Oufff-e. Phéromones de classe O-L-Y-M-P-I-Q-U-E. En un coup de tonnerre, la vie me rappelait le vertige de l’amour et le mode fast forward pour les jambes décroisées.  Neuf mois plus tard, Mia est née et le papa tatoué s’est poussé.

Pas besoin d’être en « full » pms ou en mode « fête des Mères » pour réaliser qu’elle est le plus beau cadeau que la vie m’ait fait. Elle est le grand amour de ma vie. Un amour troublant, émouvant, épeurant, enveloppant, demandant, épuisant et des fois contraignant, mais elle me fait vivre le plus grand et le plus pur des sentiments qui existe. Mia est mon Amour avec un grand A.

Elle n’est pas le prolongement de ce que je suis, mais le reflet de ce que je peux offrir de meilleur.

 

Elle est l’espoir d’une vie plus douce et centrée. Elle ravive mes blessures d’enfant et m’apprend à les panser. Elle me rappelle tous les jours que je ne suis pas parfaite, pas patiente, pas bonne en dessin, mais elle m’aime comme ça. Elle me trouve belle quand je suis moche, elle me fait confiance quand je doute de moi et me rappelle que pas mal tout ce qui est brisé peut être réparé. Elle est l’accalmie qui a sauvé mon naufrage; la petite princesse de mon heureux pour toujours.

Est-ce que j’ai dormi plus de 6 heures consécutives depuis sa naissance ? Non.

Est-ce que je suis capable d’éternuer sans faire pipi dans mes culottes depuis que j’ai accouché ? Non.

Est-ce que je partage les congés de maladie, les veilles de nuits, les brassées de vomis avec un papa présent et aidant ? Non.

Mais ça ne me dérange pas, parce qu’elle est avec moi. Elle m’apprend à devenir une bonne maman et un meilleur humain. Parce que contrairement à ce qu’on nous a toujours dit, être maman, ça s’apprend avec l’amour, les erreurs, les peurs, les doutes, la douceur et le temps.

Être mère, c’est faire de son mieux tous les jours et s’améliorer. C’est puiser dans des ressources qu’on croit souvent épuisées, perdre au bon moment le sens de l’odorat et surtout faire preuve d’une grande humilité. C’est de se lever en pleine nuit pour changer un lit de pipi, c’est de se beurrer de cache-cernes pour aller travailler et c’est aussi, les soirs de rhume, retrouver des crottes de nez dans son décolleté.  Pas si simple, mais pas si compliqué.

Share

Comments

  1. Je te lis et je ris fort, car être mère c’est tout à fait cela. Je suis devenue maman pour la première fois à 22 ans, un beau bébé garçon en pleine santé qui voyait le jours, ensuite à 26 ans j’avais mon deuxième fils qui faisait encore de moi une maman heureuse… À 40 ans Aby-Marwan est née, une superbe aventure naissait pour la troisième fois. Cette petite fille fait de moi une mère remplie d’amour et de fierté. Je me sens parfois usée par la vie, mais quand je la vois me dire maman avec tendresse, je sais que je joue le plus beau rôle de mon existence.

  2. Très beau billet 🙂 Mon premier n’était pas prévu non plus. Je l’appelle ma merveilleuse surprise (qui n’aime pas les surprises 🙂 ) Et… je n’ai pas fait d’études scientifiques, mais je vous dirais que pour travailler dans le domaine, selon moi près de 50% des bébés ne sont pas aussi  »prévus » qu’on aurait tendance à le croire ;). La vie prend parfois des tournant totalement innatendus, mais tellements parfaits.

    Bonne journée,

    Kim

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.